Le marché de la Data en France

Un marché français qui devient mature

 Le marché du Big Data ‘entreprises’ en France était estimé à 285 millions d’euros en 2014 et selon IDC, en 2018, le marché français devrait atteindre 652 millions d’euros, soit une progression de 129%, même si la conjoncture économique reste difficile. Ces 285 millions dans le Big Data était répartis de la manière suivante : 24% en logiciel, 33% en services et 43% en infrastructures.

Premier constat : on assiste à une forte demande des directions métiers stimulée par le Big Data.

  • 82% des décideurs estiment que les fonctions analytiques peuvent fortement ou très fortement améliorer leurs processus métiers ;
  • 41% des décideurs prévoient d’exploiter leurs données non structurées d’ici à fin 2017.

Dans les projets en cours, les données prioritairement ciblées sont sur le web, sur les réseaux sociaux et les données mobiles.
A noter au passage, que 34% des décideurs anticipent des projets sur les objets connectés, appelés à se déployer en très gros volumes dans certaines branches d’activité.

Médiapost Publicité et le cabinet Limelight livrent leurs prévisions concernant la valeur du marché de ce nouvel actif. Basée sur le bilan des 274 entreprises générant un CA supérieur à un million d’euros, l’étude communique des chiffres, mais relativise également l’importance accordée à la data.

Des objectifs communs pour les directions métiers

Les directions métiers affichent toutes des objectifs particuliers mais certains se recoupent. Ainsi, l’une de priorités partagées concerne la performance des activités métiers et l’optimisation des prises de décision : la demande est particulièrement forte pour des fonctions analytiques et décisionnelles intégrées dans les applications et processus métiers et pour des fonctions d’analyse prédictive visant à anticiper et prévenir des actions éventuelles.

•    61% des entreprises reconnaissent que le Big Data est devenu un moteur de croissance à part entière, aussi important pour elles que leurs produits et services existants.
•    43% des entreprises se sont déjà restructurées ou se restructurent actuellement pour exploiter le potentiel du Big Data.
•    36% des dirigeants déclarent avoir été contraints de passer outre leur département informatique pour analyser et exploiter les données nécessaires au développement de leur activité.

Domination de la collecte

Les revenus actuels du marché sont majoritairement (51 %) produits par la collecte et la vente de données, notamment par les « brokers » d’adresses électroniques. 22 % sont attribués aux entreprises de diffusion et de ciblage, tandis que les sociétés spécialisées dans l’analyse de données représentent 17 % et que les acteurs de structuration et de la conservation de données sont responsables des 10 % restants.

Toutefois, les différents segments ont évolué de manière très hétérogène de 2013 à 2014. L’heure est à la stabilité pour la collecte et la vente (-0,6 %), quand la structuration et le stockage accusent une baisse de 2,7 %. Les sociétés effectuant des analyses en revanche terminent l’année avec +6,5 %, et le segment « diffusion et ciblage » réalise un bond de 21,6 %.

En effet, aussi bien le milliard et demi d’euros de résultats que la croissance de 4,6 % observée sur l’année doivent être replacés dans le contexte : alors que le secteur de la publicité dans son ensemble n’a progressé que de 2,5 % sur la période, celui de la publicité digitale est en hausse de 4 %. Par ailleurs, les changements s’accélèrent sur le marché, selon Eric Trousset, directeur de Mediapost Publicité.